
Ce soir, lune noire. Nuit illuminée par les éclairs. J’appuie au hasard sur le bouton de l’appareil photo et le ciel s’embrase soudain tandis qu’un grondement, craquement déchire ma poitrine. L’orage est juste au-dessus de nous.
J’ai vite rangé l’appareil, Taranis ne veut pas qu’on le capture sur un écran. De toutes manières, comment une image, si belle soit-elle, peut-elle rendre cette atmosphère chargée, cette pluie lourde qui mouille le sol chaud, ces palpitations au coeur de ma poitrine, ma peau qui frissonne, ces sentiments exaltés, mélange d’excitation et d’appréhension, d’admiration devant cette force brute ? Ces grondements, ces cris graves qui craquent, croquent le ciel ? Cette lumière violente et vive ?
J’aime l’orage. J’ai toujours aimé l’orage. Je me sens forte, je me sens fragile. Je veux courir nue sous la pluie, sous la lumière, dans cette chaleur d’été, sous ces gouttes tièdes. Je veux chanter, crier, danser, rire et pleurer.
Nouveau cycle lunaire relancé par Taranis. Etincelle de vie qui repart, éclair qui illumine l’esprit et le ciel, feu créateur.
Dehors, l’orage est déjà passé et la nuit a renfilé son manteau noir.
